Fonction publique : la négociation sur les carrières est ouverte

Top départ pour la suite de la négociation « Avenir de la fonction publique : parcours professionnels, carrières et rémunérations » qui doit permettre une refonte des grilles de rémunération et revaloriser celles des agents des catégories A, B et C.

La ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, a reçu toutes les organisations syndicales le 10 mars et indiqué les grandes orientations retenues. Elle a aussi rappelé la faible marge de manœuvre dont elle dispose dans un contexte de forte contrainte budgétaire et de maintien du gel du point d’indice, bloqué depuis 2010. Marylise Lebranchu a annoncé une refonte des grilles de rémunération et s’engage à revaloriser celles des agents des catégories A, B et C (des plus hautes aux plus basses qualifications), répondant ainsi à une forte revendication de la CFDT. Aucune annonce chiffrée n’a été faite au sujet du financement de cette réforme, mais Marylise Lebranchu a indiqué « avoir obtenu que ce soit inscrit dans la trajectoire des finances publiques ». L’application de la réforme, pour en lisser le coût, devrait être échelonnée sur plusieurs années, deux ou trois ans au-delà de 2017. L’amélioration de la grille se fera par l’ajout de points d’indice à tous les niveaux, afin de redonner attrait et perspectives aux carrières.
Une partie des primes et indemnités pourrait être réintégrée dans le salaire brut, base de calcul pour la retraite, « sans perte de pouvoir d’achat des agents », a précisé la ministre. Cette mesure joue en faveur de la mobilité car les agents hésitent à demander une mutation, qui peut signifier la perte de la partie indemnitaire de leur rémunération.
Allongement du déroulé de carrière
« En contrepartie de la revalorisation », le gouvernement souhaite que les carrières évoluent sur un temps plus long (trente-cinq ans), afin d’éviter une stagnation au-delà de vingt-cinq ans de carrière. Sur ce point, la CFDT sera attentive à ce que les effets de la réforme sur la rémunération cumulée tout au long de la carrière jouent en faveur des agents. « Sur le principe et la méthode, nous retrouvons un certain nombre de nos positions. Nous attendons maintenant du concret, commente Mylène Jacquot, secrétaire générale adjointe de la CFDT-Fonctions publiques. Nous veillerons à ce que les agents soient gagnants dans les trois versants de la fonction publique. » Une dizaine de rendez-vous avec les organisations syndicales ont été fixés d’ici à la séance conclusive, prévue le 2 juin.
(Marie-Nadine Eltchaninoff, publié le 12/03/2015)

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Élections départementales : “Le FN n’est pas un parti comme les autres”

Dans la perspective des élections départementales des 22 et 29 mars prochains, le secrétaire national Jean-Louis Malys explique les règles d’incompatibilité entre les mandats politiques et syndicaux dont s’est dotée la CFDT pour éviter les conflits d’intérêts.
À chaque élection politique, la CFDT réaffirme sa position, « ni neutre ni partisan ». Comment cela se traduit concrètement dans l’organisation ?
Je tiens à préciser que la CFDT n’a rien contre l’engagement politique, bien au contraire. C’est un acte citoyen qu’il faut encourager, comme l’engagement syndical ou associatif. On peut parfaitement être adhérent à la CFDT tout en militant dans un parti politique ou dans une association. La seule règle : il est interdit de se prévaloir de son appartenance à la CFDT lorsque l’on brigue ou exerce un mandat politique.
La question de l’incompatibilité se pose aux adhérents qui ont des mandats syndicaux afin d’éviter tout conflit d’intérêts. En ce qui concerne les scrutins nationaux, le règlement intérieur de la CFDT se révèle très précis. L’article 26 indique qu’« aucune fonction ou responsabilité syndicale, de la section syndicale à la Confédération, ne peut se cumuler avec un mandat de député, sénateur ou parlementaire européen ». Pour les scrutins locaux – municipal, départemental ou régional –, cet article 26 précise que l’« incompatibilité sera appréciée à l’échelon de chaque structure syndicale intéressée (section, syndicat, union locale, départementale, régionale) ». En clair, c’est aux structures locales d’évaluer s’il existe un risque de confusion.
Que doit faire un élu CFDT qui se porte candidat à une élection politique locale ?
Il lui suffit de prévenir son syndicat, son union départementale ou son union régionale interprofessionnelle selon la ou les fonctions qu’il exerce. Dans la plupart des cas, ses mandats sont suspendus le temps que dure la campagne électorale. S’il est élu, une discussion s’engage afin de savoir quels sont les mandats incompatibles avec ses nouvelles fonctions. L’idée n’est pas d’établir des règles strictes mais bien d’apprécier la situation localement afin qu’il n’y ait pas d’ambiguïté entre les deux formes d’engagement citoyen. Précisons que l’étiquette politique n’entre pas en considération. Un adhérent CFDT peut militer dans le parti politique de son choix, sauf si son choix se porte sur un parti dont les valeurs se révèlent incompatibles avec les nôtres, tel le Front national.
Pourquoi opérer une distinction aussi tranchée entre le Front national et les autres formations politiques ?
Lorsqu’un salarié fait le choix de rejoindre la CFDT, il doit être conscient qu’il entre dans une organisation ayant une histoire porteuse de valeurs auxquelles nous tenons et qui sont inscrites dans nos statuts. Les idées véhiculées par un parti comme le Front national sont à l’opposé de ce qui fait l’identité de la CFDT. Même si ce parti prétend se banaliser afin de présenter un visage plus attrayant, la CFDT le dit et le redit : le Front national n’est pas un parti comme les autres. À un moment, il faut choisir son engagement. On ne peut adhérer à la CFDT et défendre la préférence nationale dans l’entreprise ou désigner comme responsable de tous les maux telle population, telle religion ou telle catégorie de citoyens.
Cette position est-elle toujours bien comprise en interne ?
Nos adhérents, à l’image des Français, se posent des questions dans une période économique difficile. La CFDT ne veut stigmatiser personne, et il n’est pas question d’organiser une quelconque chasse aux sorcières. Certaines personnes ont été séduites ou manipulées par l’extrême droite, puis ont regretté ce choix. Elles n’ont pas été exclues de la CFDT. Sur ce sujet, le dialogue entre les salariés concernés et les différentes structures de notre organisation est primordial. En revanche, si une personne persiste à afficher haut et fort des convictions contraires aux nôtres, nous devons être intransigeants. D’ailleurs, cette question des valeurs ne se réduit pas à la problématique du Front national : nous avons déjà exclu des personnes qui, bien que n’appartenant à aucun parti politique, ont fait des déclarations publiques racistes ou antisémites.

(Jérome CITRON, publié le 05/03/2015)

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[Nous sommes Charlie] Une marée humaine pour défendre les valeurs de la République

Le dimanche 11 janvier 2015, partout en France et dans de nombreuses villes du monde, des millions de manifestants ont rendu hommage aux 17 victimes des attaques terroristes qui ont endeuillé la France.

[APPEL A CONTRIBUTION] L’élan citoyen du 11 janvier a été un message fort à tous ceux qui ont la responsabilité d’assurer le vivre ensemble.
Le monde syndical est lui aussi interpellé. De nombreux militants, adhérents ou sympathisants CFDT ont partagés leurs dessins et leurs écrits témoignant de leur émotion et de leur désir de plus de cohésion sociale.
Nous vous invitons à nous les envoyer à l’adresse magazine@cfdt.fr, nous en publierons un florilège sur notre site internet et dans un prochain numéro de CFDT magazine.

Laurent Berger était présent dans le cortège parisien aux côtés des représentants des associations, organisations syndicales et politiques qui avaient appelé à ce rassemblement citoyen.

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