Déchéance de Nationalité : Une décision détestable qui ne résout rien

Si la situation héritée des terribles attentats du 13 novembre justifie l’état d’urgence
décidée par le gouvernement, la CFDT est en désaccord avec la mesure de
déchéance de nationalité. Cette position a été exprimée clairement par la CFDT au
Premier Ministre, dès le 20 novembre, au cours de la réunion entre le gouvernement
et les organisations syndicales et patronales.

La mesure de déchéance de nationalité aux binationaux de naissance est
totalement inefficace et sa valeur symbolique est détestable. Elle constitue une
remise en cause inacceptable du droit du sol constitutif de la citoyenneté
française. En distinguant les personnes qui ont uniquement la nationalité française à
leur naissance de celles qui en ont une ou plusieurs autres, le Gouvernement
validerait le fait que certains sont moins français que d’autres au détriment d’une
nécessaire cohésion nationale dont le pays a pourtant besoin.

La CFDT estime que les mesures sécuritaires nécessaires ne peuvent constituer la
seule réponse à la lutte contre le terrorisme et le fondamentalisme. Au-delà de
l’agitation détestable qu’elle génère, cette polémique ne répond pas à l’enjeu
premier qui est la prévention de l’endoctrinement des jeunes qui se
radicalisent et l’action pour la cohésion sociale, la lutte contre les
discriminations et pour le vivre ensemble partout sur les territoires de la
République.

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Elections Régionales : 6 et 13 décembre 2015

La démocratie et la République sont nos biens communs. Liberté, Égalité, Fraternité sont les valeurs qui nous permettent de vivre ensemble au-delà de nos opinions, convictions et origines différentes. Le rôle d’un syndicat est avant tout de défendre les salariés mais nous sommes, toutes et tous, des citoyennes et des citoyens : aussi, l’action de la CFDT se doit de contribuer à l’intérêt général.
Après les événements tragiques du 13 novembre et à la veille des élections régionales qui se dérouleront les 6 et 13 décembre prochains, la CFDT souhaite apporter sa contribution civique et citoyenne.

N° 58 - Tract_Elections-Regionales-BD P1 Lire la suite

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Attentats du 13 novembre à Paris

1 – Communiqué de la CFDT du 13/11

Suite aux attentats qui ont frappé Paris le 13 novembre, la commission exécutive de la CFDT appelle à l’unité, au rassemblement et au sang-froid.

Les actes commis ce vendredi 13 novembre à Paris ont franchi un seuil dans l’ignominie, la lâcheté et la barbarie. La CFDT, ses militants et adhérents s’inclinent devant les victimes, leurs familles et leurs proches. Elle rend hommage aux citoyens, fonctionnaires, salariés et bénévoles qui se sont mobilisés pour porter assistance aux victimes et rétablir la sécurité.

Les auteurs et les commanditaires de ces massacres horribles veulent installer la peur, la division et semer la haine. Leurs cibles sont la démocratie et les valeurs républicaines.

La CFDT appelle à l’unité, au rassemblement et au sang-froid. La vigilance et la fermeté face au terrorisme sont indispensables. Rien ne nous détournera de notre action pour une société fraternelle et un monde libéré de toutes les formes de fascisme et de fondamentalisme.

La fédération Interco relève de son côté que « ces tragiques évènements ont une nouvelle fois démontré, dans des conditions extrêmes, l’engagement, le sens du devoir et l’efficacité de l’ensemble des agents publics mobilisés, qu’ils servent au sein des forces de sécurité, des services de secours; des services de l’Etat, des collectivités locales et de l’hospitalière.

Lors de ces crises, ces femmes et ces hommes incarnent plus que jamais les valeurs que nous défendons : une démocratie debout et qui fait face, organisée et efficace.

Ils demeurent pour tous nos compatriotes les repères visibles et indispensables de la cohésion sociale et les garants de leur sécurité. »

2 – Communiqué Intersyndical

Communiqué intersyndical CGT – CFDT – CFE CGC – CFTC – Unsa – Solidaires – FSU

Après les attentats effroyables commis cette nuit à Paris, les organisations signataires CGT – CFDT – CFE CGC – CFTC – Unsa – Solidaires – FSU assurent de leur solidarité toutes les personnes et leurs proches qui en ont été victimes.

En frappant indifféremment la population, en ciblant des lieux de culture, de sport ou tout simplement de loisirs et de rencontres amicales, fréquentés par beaucoup de jeunes, les terroristes envoient un message clair : c’est bien toute la société qui est aujourd’hui visée.

C’est pourquoi le mouvement syndical, tout comme il s’était rassemblé après les attentats de janvier dernier, exprime ensemble son émotion mais assure aussi que rien ne saurait remettre en cause sa détermination à lutter contre toute les atteintes à la démocratie, à la paix et aux libertés.

Comme elles l’avaient fait au début de l’année 2015 en décidant de travailler sur toutes les incidences pour le monde du travail, matérialisé par le texte « Vivre ensemble, Travailler ensemble », les organisations syndicales se retrouveront très prochainement pour poursuivre leurs échanges sur la situation créée par ces attentats et poursuivre leur engagement pour lutter contre les replis, les stigmatisations, les divisions, contre toutes tentatives de terreur dans lesquelles veulent nous enfermer les terroristes, afin de continuer à faire société ensemble.

3 – Communiqué de la FSESP

Solidarité avec les affiliés et les syndiqués français.

Chers amis, chers camarades, chers collègues,

Il est difficile d’exprimer dans des mots mes sentiments et mes pensées à propos de ce qui s’est passé ce vendredi à Paris. C’est une horreur. Il y a tant de victimes, de tués et de blessés dans ces attentats. La FSESP condamne tous les actes de terreur. J’ai la confiance de parler pour tous les affiliés quand je dis que nos pensées sont avec les victimes, leurs familles et leurs amis ainsi que le peuple français qui subit ce cauchemar. Un attentat contre le peuple français est un attentat contre le peuple d’Europe.

Dans ces évènement tragiques, les travailleurs et les travailleuses des services publics doivent faire face à l’horreur et aux suites de la terreur. Le personnel médical, comme les infirmiers et les médecins, les ambulanciers, les policiers, les pompiers et beaucoup d’autres qui fournissent la sécurité et les premiers secours et qui travaillent toutes les heures pour sauver les vies, donner de l’abri et de la protection. Les travailleurs des services publics sont au cœur de nos sociétés pendant les moments difficiles.

La FSESP, les syndicats des services publics et le mouvement syndical européen sont avec vous. Nous nous solidarisons avec nos collègues des syndicats français dans leur lutte pour la solidarité, la liberté et la démocratie. Nous nous opposerons à ceux qui cherchent diviser nos sociétés, et diviser les travailleurs, nos familles et nos communautés.

Jan Willem Goudriaan

FSESP, Secretaire General

4 – Et pour finir, un beau texte rédigé en ligne par un lecteur américain du New-York Times qui nous tend un miroir consolateur abondamment partagé depuis sur les réseaux sociaux.

Blackpoodles – Santa Barbara

« La France incarne tout ce que les fanatiques religieux haïssent : la jouissance de la vie ici, sur terre, d’une multitude de manières : une tasse de café qui sent bon, accompagnée d’un croissant, un matin ; de belles femmes en robes courtes souriant librement dans la rue ; l’odeur du pain chaud ; une bouteille de vin partagée avec des amis, quelques gouttes de parfum, des enfants jouant au jardin du Luxembourg, le droit de ne pas croire en Dieu, de ne pas s’inquiéter des calories, de flirter et de fumer, de faire l’amour hors mariage, de prendre des vacances, de lire n’importe quel livre, d’aller à l’école gratuitement, de jouer, de rire, de débattre, de se moquer des prélats comme des hommes et des femmes politiques, de remettre les angoisses à plus tard : après la mort.
Aucun pays ne profite aussi bien de la vie sur terre que la France.
Paris, on t’aime. Nous pleurons pour toi. Tu es en deuil ce soir, et nous le sommes avec toi. Nous savons que tu riras à nouveau, et chantera à nouveau, que tu feras l’amour, et que tu guériras, parce qu’aimer la vie fait partie de ce que tu es. Les forces du mal vont reculer. Elles vont perdre. Elle perdent toujours. »

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Fonction publique : la négociation sur les carrières est ouverte

Top départ pour la suite de la négociation « Avenir de la fonction publique : parcours professionnels, carrières et rémunérations » qui doit permettre une refonte des grilles de rémunération et revaloriser celles des agents des catégories A, B et C.

La ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, a reçu toutes les organisations syndicales le 10 mars et indiqué les grandes orientations retenues. Elle a aussi rappelé la faible marge de manœuvre dont elle dispose dans un contexte de forte contrainte budgétaire et de maintien du gel du point d’indice, bloqué depuis 2010. Marylise Lebranchu a annoncé une refonte des grilles de rémunération et s’engage à revaloriser celles des agents des catégories A, B et C (des plus hautes aux plus basses qualifications), répondant ainsi à une forte revendication de la CFDT. Aucune annonce chiffrée n’a été faite au sujet du financement de cette réforme, mais Marylise Lebranchu a indiqué « avoir obtenu que ce soit inscrit dans la trajectoire des finances publiques ». L’application de la réforme, pour en lisser le coût, devrait être échelonnée sur plusieurs années, deux ou trois ans au-delà de 2017. L’amélioration de la grille se fera par l’ajout de points d’indice à tous les niveaux, afin de redonner attrait et perspectives aux carrières.
Une partie des primes et indemnités pourrait être réintégrée dans le salaire brut, base de calcul pour la retraite, « sans perte de pouvoir d’achat des agents », a précisé la ministre. Cette mesure joue en faveur de la mobilité car les agents hésitent à demander une mutation, qui peut signifier la perte de la partie indemnitaire de leur rémunération.
Allongement du déroulé de carrière
« En contrepartie de la revalorisation », le gouvernement souhaite que les carrières évoluent sur un temps plus long (trente-cinq ans), afin d’éviter une stagnation au-delà de vingt-cinq ans de carrière. Sur ce point, la CFDT sera attentive à ce que les effets de la réforme sur la rémunération cumulée tout au long de la carrière jouent en faveur des agents. « Sur le principe et la méthode, nous retrouvons un certain nombre de nos positions. Nous attendons maintenant du concret, commente Mylène Jacquot, secrétaire générale adjointe de la CFDT-Fonctions publiques. Nous veillerons à ce que les agents soient gagnants dans les trois versants de la fonction publique. » Une dizaine de rendez-vous avec les organisations syndicales ont été fixés d’ici à la séance conclusive, prévue le 2 juin.
(Marie-Nadine Eltchaninoff, publié le 12/03/2015)

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Élections départementales : “Le FN n’est pas un parti comme les autres”

Dans la perspective des élections départementales des 22 et 29 mars prochains, le secrétaire national Jean-Louis Malys explique les règles d’incompatibilité entre les mandats politiques et syndicaux dont s’est dotée la CFDT pour éviter les conflits d’intérêts.
À chaque élection politique, la CFDT réaffirme sa position, « ni neutre ni partisan ». Comment cela se traduit concrètement dans l’organisation ?
Je tiens à préciser que la CFDT n’a rien contre l’engagement politique, bien au contraire. C’est un acte citoyen qu’il faut encourager, comme l’engagement syndical ou associatif. On peut parfaitement être adhérent à la CFDT tout en militant dans un parti politique ou dans une association. La seule règle : il est interdit de se prévaloir de son appartenance à la CFDT lorsque l’on brigue ou exerce un mandat politique.
La question de l’incompatibilité se pose aux adhérents qui ont des mandats syndicaux afin d’éviter tout conflit d’intérêts. En ce qui concerne les scrutins nationaux, le règlement intérieur de la CFDT se révèle très précis. L’article 26 indique qu’« aucune fonction ou responsabilité syndicale, de la section syndicale à la Confédération, ne peut se cumuler avec un mandat de député, sénateur ou parlementaire européen ». Pour les scrutins locaux – municipal, départemental ou régional –, cet article 26 précise que l’« incompatibilité sera appréciée à l’échelon de chaque structure syndicale intéressée (section, syndicat, union locale, départementale, régionale) ». En clair, c’est aux structures locales d’évaluer s’il existe un risque de confusion.
Que doit faire un élu CFDT qui se porte candidat à une élection politique locale ?
Il lui suffit de prévenir son syndicat, son union départementale ou son union régionale interprofessionnelle selon la ou les fonctions qu’il exerce. Dans la plupart des cas, ses mandats sont suspendus le temps que dure la campagne électorale. S’il est élu, une discussion s’engage afin de savoir quels sont les mandats incompatibles avec ses nouvelles fonctions. L’idée n’est pas d’établir des règles strictes mais bien d’apprécier la situation localement afin qu’il n’y ait pas d’ambiguïté entre les deux formes d’engagement citoyen. Précisons que l’étiquette politique n’entre pas en considération. Un adhérent CFDT peut militer dans le parti politique de son choix, sauf si son choix se porte sur un parti dont les valeurs se révèlent incompatibles avec les nôtres, tel le Front national.
Pourquoi opérer une distinction aussi tranchée entre le Front national et les autres formations politiques ?
Lorsqu’un salarié fait le choix de rejoindre la CFDT, il doit être conscient qu’il entre dans une organisation ayant une histoire porteuse de valeurs auxquelles nous tenons et qui sont inscrites dans nos statuts. Les idées véhiculées par un parti comme le Front national sont à l’opposé de ce qui fait l’identité de la CFDT. Même si ce parti prétend se banaliser afin de présenter un visage plus attrayant, la CFDT le dit et le redit : le Front national n’est pas un parti comme les autres. À un moment, il faut choisir son engagement. On ne peut adhérer à la CFDT et défendre la préférence nationale dans l’entreprise ou désigner comme responsable de tous les maux telle population, telle religion ou telle catégorie de citoyens.
Cette position est-elle toujours bien comprise en interne ?
Nos adhérents, à l’image des Français, se posent des questions dans une période économique difficile. La CFDT ne veut stigmatiser personne, et il n’est pas question d’organiser une quelconque chasse aux sorcières. Certaines personnes ont été séduites ou manipulées par l’extrême droite, puis ont regretté ce choix. Elles n’ont pas été exclues de la CFDT. Sur ce sujet, le dialogue entre les salariés concernés et les différentes structures de notre organisation est primordial. En revanche, si une personne persiste à afficher haut et fort des convictions contraires aux nôtres, nous devons être intransigeants. D’ailleurs, cette question des valeurs ne se réduit pas à la problématique du Front national : nous avons déjà exclu des personnes qui, bien que n’appartenant à aucun parti politique, ont fait des déclarations publiques racistes ou antisémites.

(Jérome CITRON, publié le 05/03/2015)

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[Nous sommes Charlie] Une marée humaine pour défendre les valeurs de la République

Le dimanche 11 janvier 2015, partout en France et dans de nombreuses villes du monde, des millions de manifestants ont rendu hommage aux 17 victimes des attaques terroristes qui ont endeuillé la France.

[APPEL A CONTRIBUTION] L’élan citoyen du 11 janvier a été un message fort à tous ceux qui ont la responsabilité d’assurer le vivre ensemble.
Le monde syndical est lui aussi interpellé. De nombreux militants, adhérents ou sympathisants CFDT ont partagés leurs dessins et leurs écrits témoignant de leur émotion et de leur désir de plus de cohésion sociale.
Nous vous invitons à nous les envoyer à l’adresse magazine@cfdt.fr, nous en publierons un florilège sur notre site internet et dans un prochain numéro de CFDT magazine.

Laurent Berger était présent dans le cortège parisien aux côtés des représentants des associations, organisations syndicales et politiques qui avaient appelé à ce rassemblement citoyen.

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