Élections TPE 2021, toujours moins de votants !

mercredi 21 avril 2021

Avec 5,44 % de votants la troisième édition des élections TPE enregistre son niveau de participation le plus faible, en baisse d’un peu moins de 2 points par rapport à 2017 et 5 points par rapport à 2012, date de la première édition. Dans ces conditions, il est difficile de tirer beaucoup d’enseignements des évolutions des grandes organisations syndicales.

On peut les résumer ainsi : elles progressent toutes en pourcentage sauf la CFTC (-2 pts) mais elles perdent toutes des voix sauf l’UNSA, stable. Cela constitue certainement une satisfaction pour cette organisation qui, avec 15,89 % des voix (+3,40 pts), talonne la CFDT (16,46 ; +1 pt). La CGT, première organisation dans les TPE, obtient 26,31 % (+1,2 pt).

Une participation qui pose la question de l’avenir de ce scrutin

Certes la crise du covid a eu certainement une influence sur la participation à ce scrutin. L’actualité, pour les salariés concernés, était ailleurs et les syndicats n’ont pas pu réellement faire campagne en allant directement au contact des salariés sur leur lieu de travail pour expliquer les enjeux de cette élection.

Mais le problème n’est pas là et avait déjà été analysé dans les éditions précédentes. Comment mobiliser des salariés alors que le seul but réel est de mesurer l’audience d’organisations syndicales dont ils ont une connaissance au minimum confuse faute de rencontrer dans leur activité quotidienne des militants syndicaux et d’en apprécier l’efficacité ?

L’enjeu de permettre aux organisations pour qui ils sont invités à voter sur sigle de désigner des représentants à la Commission paritaire régionale interprofessionnelle dont ils ne connaissent pas les prérogatives et encore moins les actions susceptibles d’améliorer leur vie quotidienne n’est pas suffisant pour inciter au vote.

Finalement, le seul sens de ce scrutin est de sécuriser juridiquement vis-à-vis du Conseil constitutionnel la mesure de l’audience des organisations syndicales pour déterminer leur représentativité en s’assurant que tous les salariés de toutes les catégories d’entreprises aient eu la possibilité de s’exprimer. Cela peut-il justifier l’organisation d’une telle élection ?

Pour une vraie représentation des salariés dans les TPE

Il y a là un vrai chantier pour le législateur et les partenaires sociaux. L’intérêt d’un scrutin dans les TPE ne peut passer que par la mise en œuvre d’une véritable représentation des salariés dans des institutions décentralisées proches d’eux et l’élection de représentants issus de ces mêmes TPE. Des représentants qui, même s’ils ne les connaissent pas directement, leur permettent de s’identifier à eux, de connaître les mêmes conditions d’exercice de leur activité professionnelle. Vaste sujet qui n’est pas sûr d’être résolu pour la quatrième édition.

Quelles sont les évolutions de l’audience des organisations par rapport à 2017 ?

Très clairement, il est difficile de tirer des enseignements définitifs sur l’influence de telle ou telle organisation compte tenu de la faiblesse de la participation. Contentons-nous de faire quelques constats sur ces évolutions.

2017 2021 2021/2017
Organisation Voix % Voix % Voix Points
CGT 81 286 25,12 67 634 26,31 -13 652 +1,19
CFDT 50 122 15,49 42 309 16,46 -7 813 +0,97
FO 42 117 13,01 35 583 13,84 -6 534 +0,83
UNSA 40 429 12,49 40 845 15,89 +416 +3,40
CFTC 24 082 7,44 15 160 5,90 -8 922 -1,54
Solidaires 11 324 3,50 10 973 4,27 -351 +0,77
CFE/CGC 10 928 3,38 9 907 3,85 -1 021 +0,47


Les résultats agglomérés de sept principales organisations sont en progression de plus de 6 points par rapport à 2017 mais, mis à part l’UNSA, elles perdent toutes des voix par rapport à 2017. Elles concentrent toutefois aujourd’hui 86,52 % des votes exprimés, laissant loin derrière elles des organisations minoritaires comme la CNT, l’USAP ou la CAT et aussi le STC (Syndicat des travailleurs corses) malgré une majorité de 53 % des voix en Corse mais une audience nationale de 0,70 % en recul de 0,31 point.

L’UNSA est la seule organisation qui maintient en voix son score de 2017 (en légère progression de 416 voix). Avec un score de 15,89 % (+3,40 pts), elle talonne la CFDT. Pour les TPE, l’UNSA devient la troisième organisation devant FO et même se situe au deuxième rang dans le collège non-cadre avec 16,52 %. Une analyse plus détaillée des résultats par branche permettra de déterminer si la progression de l’UNSA touche tous les secteurs ou est simplement due à la consolidation de son influence dans quelques branches où elle avait fait de bons résultats en 2017.

La CGT conforte sa première place à cette élection (26,31 % ; +1,19). Sa stratégie syndicale radicale et son image historique séduit toujours une frange du salariat dans une élection qui n’a mobilisé que les salariés les plus motivés en faveur de l’action syndicale.

A contrario, la CFDT rencontre traditionnellement plus de difficultés dans ce type de scrutin. Elle est toutefois en progression de près de 1 point avec 16,46 % des voix. Ce résultat devrait lui permettre de conforter sa première place au calcul général de l’audience. En effet, elle a perdu moins de voix que la CGT.

FO et CFE-CGC progressent aussi en pourcentage avec respectivement 13,1 % (+ 0,83 pt) et 3,38 % (+0,47 pt). La CFE-CGC conforte sa première place chez les cadres avec 30,96 % en progression notable de 2,13 %.

La CFTC semble la grande perdante de cette élection avec 7,44 %, la perte de près de 9 000 voix et de plus d’un point et demi par rapport à 2017, ce qui ne devrait pas l’empêcher de devancer l’UNSA dans la mesure globale de l’audience.

Ce scrutin, par le peu d’intérêt qu’il a suscité auprès des salariés concernés, n’aura donc que peu d’influence sur les rapports de force généraux entre organisations syndicales. Le seul juge de paix, finalement, c’est le résultat général de l’audience des organisations sur le cycle 2017-2020 qui sera connu le 26 mai 2021. Rendez-vous donc à cette date pour en tirer des enseignements plus définitifs.


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