Intimidations : la CFDT victime de violences de l’intersyndicale

À Nancy, Metz, Bar-le-Duc et Verdun, des incidents se sont répétés ces dernières semaines. Des militants cfdétistes ont même été menacés « de se retrouver dans le canal ». Inquiétant, déplore Dominique Toussaint. Cas isolés, répond la CGT, qui dénonce les écarts de ces dernières semaines.

« À Nancy, le 17 décembre dernier, il y avait déjà eu injures, noms d’oiseaux, intimidations. Plusieurs militants de Sud, de la CGT et quelques gilets jaunes voulaient en découdre physiquement avec nous en fin de cortège. À un moment, ils nous avaient presque coincés dans un repli du cortège. J’ai préféré qu’on s’éloigne pour éviter les incidents. »

Aujourd’hui, Dominique Toussaint ne masque pas son inquiétude.

Si la concurrence historique entre CFDT et CGT s’assimile souvent au voisinage de beaux-frères rivaux un soir de Noël, rapprochés de fait par un lien familial (syndical), la dégradation des relations ces derniers temps en Lorraine paraît avoir franchi un cap. Elle tend même vers « un climat d’hostilité un peu inquiétant » note le secrétaire Grand Est de la CFDT.

En Moselle et dans la Meuse, déjà, certaines équipes cfdétistes n’avaient pu se joindre partout au mouvement social, compte tenu du climat hostile nourri par certaines intersyndicales. En cause : le positionnement jugé trop conciliant avec le projet du gouvernement sur les retraites.

Plus grave : dans la Meuse, des propos assimilables à des menaces de mort ont été proférés.

« Attention à ce qu’on ne vous croise pas le long du canal », ou encore « Si on vous retrouve, on ne retiendra pas nos gars… ».

Dominique Toussaint prévient : « Si un autre incident grave se fait jour, je porterai plainte. Pas question de laisser nos militants subir ces menaces. » Lesquelles, il est vrai, ne concernent encore que quelques poignées d’ardents extrémistes. Pour preuve, ce SMS privé d’un cadre CGT adressé à l’intéressé, considérant « honteux » les agissements dénoncés à Nancy.

CGT : « Des actes lamentables »

Secrétaire régional CGT dans le Grand Est, Denis Schnabel s’inscrit dans cette même sagesse : « D’accord ou pas d’accord, on a chacun notre vision des choses. Mais on se respecte. Les querelles entre militants de terrain, ça a toujours existé. Quand vous avez des gars qui sont fatigués par des semaines de conflit, ça peut se comprendre… …/… Quoi qu’il en soit, ces écarts et menaces sont lamentables, inacceptables. Chacun a le droit de manifester et de dire ce qu’il souhaite. »

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