Moral, épanouissement des fonctionnaires : les agents répondent à une enquête

Pour cette nouvelle vague du baromètre des fonctionnaires, la CASDEN et BVA ont interrogé 1500 fonctionnaires afin de faire état de leur moral, leur épanouissement mais également de la perception qu’ils ont de leur métier.

Les fonctionnaires font face à de plus en plus de difficultés dans l’exercice de leur travail au quotidien et se montrent pessimistes

Le moral des fonctionnaires apparaît en demi-teinte (6,3/10 de note moyenne pour le qualifier). Si, au final, la moitié considère tout de même avoir un bon moral, c’est tout de même 1 fonctionnaire sur 5 qui a le moral en berne. Ce petit moral semble prendre racine dans divers points problématiques à leurs yeux :

  • Le salaire jugé insuffisant par 71 % des fonctionnaires (dont 16 % se considèrent même très mal payés),
  • Des difficultés rencontrées au quotidien de façon récurrente : manque de moyens pour effectuer son travail (59 %, +8 pts depuis l’an dernier), matériel inadapté (66 %, +6 pts), difficultés financières pour boucler ses fins de mois (61 %), difficulté dans l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle (52 %, +6 pts) et même pour la moitié d’entre eux difficultés relationnelles avec la hiérarchie, les collaborateurs ou collègues (49 %, +10 pts),
  • Le sentiment d’être, en tant que fonctionnaire, peu reconnu par la société : un quart d’entre eux seulement se sentent reconnus (27 %, -7 pts) ou valorisés (25 %, -3 pts). Cette absence de reconnaissance à leur égard semble par ailleurs faire écho à une faible valorisation et compréhension des missions de service public par les citoyens / usagers, que les fonctionnaires jugent toutes deux insuffisantes (respectivement 84 % et 73 %).
  • Les fonctionnaires sont également très critiques sur la capacité de la fonction publique à faire face aux enjeux d’avenir : 80 % d’entre eux considèrent en effet qu’elle n’est pas suffisamment préparée dans ce domaine.

En conséquence, les fonctionnaires sont particulièrement pessimistes (69 %, +20 pts) quant à leur avenir dans la fonction publique et une part non négligeable (40 %) ne recommanderait pas à leur enfant d’être fonctionnaire. Ils le justifient par la rémunération (68 %), mais également le manque de reconnaissance de la société (42 %), l’avenir compromis de la fonction publique à leurs yeux (36 %) et les conditions de travail (23 %).

À noter que les enseignants sont particulièrement moroses et critiques sur nombre de ces indicateurs (rémunération, manque de reconnaissance et de valorisation, pessimisme quant à leur avenir,…)

La dématérialisation en cours dans la fonction publique suscite des jugements mitigés

Concernant la dématérialisation de la fonction publique, les fonctionnaires concernés sont circonspects : à peine un sur deux (48 %) considère être suffisamment formé aux nouveaux processus et en reconnaissent l’impact positif sur leur travail quotidien. Ils ne sont par ailleurs qu’une minorité (30 %) à penser que les usagers des services publics sont suffisamment accompagnés pour pouvoir gérer les nouvelles pratiques.

Malgré tout, les fonctionnaires se sentent utiles et fiers de leur métier 

Pour autant, et malgré certaines difficultés liées à leur métier, les fonctionnaires reconnaissent sans peine les diverses spécificités de leur statut comme des avantages : garantie de l’emploi (93 %), contribution à la collectivité (88 %), solvabilité de l’employeur (87 %), rigueur et modes de fonctionnement précis (72 %) ou encore possibilités de mobilité interne (71 %). Surtout, ils tirent de leur travail un réel sentiment d’utilité (88 %, +5 pts) et de fierté (88 %, +9 pts), en hausse depuis les précédentes vagues, signe de leur attachement à l’égard de leur fonction. L’écart qui se creuse entre leur fierté personnelle qui se renforce et l’impression de plus en plus nette que la société ne les reconnaît pas à leur juste valeur explique aussi sans doute en grande partie leur désarroi, notamment chez les enseignants.

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