Et si les agents publics ne correspondaient pas à l’image que certains voudraient leur donner !

L’opinion publique renvoie une image de nantis, de privilégiés, presque de parasites, aux fonctionnaires … ce qui, bien sûr, les affecte profondément.

On les traite souvent de fainéants, égoïstes et peu impliqués, sans souci de responsabilité collective, ou de l’intérêt général … en fait, des agents dont le seul point d’intérêt serait la pendule qui indique l’heure de la sortie du boulot, et qui bien sûr se situerait entre 15h00 et 15h30 !

Une étude et une enquête récentes mettent à mal cette image “fake” des agents publics, ce que nous relate Acteurs Publics dans 2 articles :

  • Les agents publics plus nombreux à travailler le dimanche que les salariés du privé (par Bastien Scordia pour Acteurs Publics) : “En 2020, près d’un tiers des agents publics ont travaillé “au moins” un dimanche au cours d’une période de quatre semaines, selon des données que la Dares, le service statistique du ministère du Travail, vient de diffuser. Cette part est de 13,6 % chez les salariés du secteur privé … “
  • Les agents publics se sont massivement fait vacciner, selon un sondage (par Bastien Scordia pour Acteurs Publics) : “82 % des agents publics affichent un schéma vaccinal complet, indique une étude d’Ipsos commandée par le gouvernement. En revanche, 7 % des agents sondés refusent encore de se faire vacciner … “

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Les agents publics plus nombreux à travailler le dimanche que les salariés du privé 

En 2020, près d’un tiers des agents publics ont travaillé “au moins” un dimanche au cours d’une période de quatre semaines, selon des données que la Dares, le service statistique du ministère du Travail, vient de diffuser. Cette part est de 13,6 % chez les salariés du secteur privé.

Quelle est la proportion d’agents publics à travailler le dimanche ? La direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère du Travail vient de publier une série de données permettant de comparer la part de ce travail dominical dans le secteur public et dans le secteur privé [cliquez ici pour accéder à ces données].
Au total, en 2020, 18,9 % des salariés français ont travaillé “au moins un dimanche” sur une période de quatre semaines consécutives : 6,1 % ont travaillé “un seul dimanche” et 12,8 % “au moins deux dimanches”.

30 % des agents travaillent “au moins” un dimanche par mois 
Du fait de la spécificité des missions de service public et des périodes d’astreinte auxquelles les agents peuvent être soumis, la fonction publique est le secteur où le travail dominical est le plus répandu. Un peu plus de 30 % des agents publics ont ainsi travaillé “au moins un dimanche” en 2020 sur une période de quatre semaines, contre 13,6 % des salariés du privé. Cette proportion atteint 31,3 % chez les agents de l’État, 12,9 % chez ceux des collectivités et 49,2 % pour les agents des hôpitaux publics.

La part d’agents à travailler “un seul dimanche” est de 10,9 % dans la fonction publique d’État, de 6,6 % dans la territoriale et de 16,3 % dans l’hospitalière, contre 4,7 % pour les salariés du privé. Les agents travaillant “au moins deux dimanches” sont enfin 20,4 % à l’État, 7,3 % dans les collectivités et 32,9 % dans les hôpitaux publics. Pour les salariés du secteur privé, cette proportion est de 9 %.

41,4 % chez les enseignants 
“Certains types de métiers concentrent l’activité le dimanche”, développe la Dares en évoquant notamment un certain nombre de métiers intrinsèques à la fonction publique. Ainsi, 54,3 % des salariés dont l’activité relève de la protection et de la sécurité des personnes et des biens ont travaillé “au moins un dimanche” en 2020, 36,9 % “au moins deux dimanches” et 17,4 % “un seul dimanche”.
Pour les personnes assurant la permanence des services de santé et médico-sociaux, ces proportions sont respectivement de 41,2 %, de 28,7 % et de 12,5 %. À noter aussi que parmi les enseignants, 41,4 % déclarent avoir travaillé “au moins un dimanche”, 28 % “au moins deux dimanches” et 13,5 % “un seul dimanche”. Préparation des cours et correction des copies obligent…

par Bastien Scordia

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Les agents publics se sont massivement fait vacciner, selon un sondage

82 % des agents publics affichent un schéma vaccinal complet, indique une étude d’Ipsos commandée par le gouvernement. En revanche, 7 % des agents sondés refusent encore de se faire vacciner.

Obligation vaccinale pour les personnels de santé et les militaires, extension du passe sanitaire… Le coup de pression de l’exécutif semble avoir fonctionné. Selon une enquête d’Ipsos commandée par le gouvernement (1) et sur laquelle celui-ci ne manquera pas de s’appuyer dans sa communication, plus de 8 agents de la fonction publique sur 10 sont entièrement vaccinés. C’est plus que dans l’ensemble de la population, 68 % des Français ayant à ce jour un schéma vaccinal complet.
“Les agents publics montrent l’exemple, les Français peuvent avoir confiance, les personnels sont protégés pour eux et pour les autres”, a réagi la ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, Amélie de Montchalin, sur BFM TV mardi 7 septembre. L’occasion pour elle de mettre en avant les initiatives prises par le gouvernement pour faciliter la vaccination des agents publics, telles que l’octroi d’autorisations spéciales d’absence (ASA) ou l’installation de centres de vaccination réservés.

90 % des agents de l’hospitalière totalement vaccinés
Dans le détail, 82 % des agents interrogés disent avoir reçu leurs deux doses de vaccin contre le Covid-19, 6 % déclarent avoir reçu une première dose et être en attente de la seconde, 1 % ne sont pas encore vaccinés mais affirment avoir pris rendez-vous et 2 % ont l’intention de prendre un rendez-vous.

La part d’agents totalement vaccinés atteint 79 % dans la territoriale, 80 % dans la fonction publique d’État et 90 % dans l’hospitalière. À noter aussi que les agents de catégorie A sont plus nombreux à avoir reçu leurs deux doses de vaccin (84 %, contre 80 % pour les catégorie B et 81 % pour les catégorie C).
Plusieurs raisons sont invoquées par les agents qui ont fait le choix de se faire vacciner : 43 % estiment que le vaccin est la “seule façon” d’éradiquer le virus, 41 % l’ont fait dans un souci de responsabilité collective, 37 % parce qu’ils sont en contact avec le public et 35 % pour pouvoir bénéficier du passe sanitaire.

7 % de réfractaires 
À l’inverse 7 % des agents publics interrogés déclarent ne pas être vaccinés et ne comptent pas l’être dans l’avenir. Dans le détail, leur proportion est de 9 % dans la territoriale, de 8 % à l’État et de 1 % seulement dans la fonction publique hospitalière.
Parmi ces réticents, 78 % expliquent ce choix par l’absence de recul sur le vaccin et la méconnaissance des risques associés, 39 % considèrent que la campagne de vaccination “n’a pas pour but de protéger de la maladie” mais de “confisquer une partie de nos libertés”, 36 % affirment par ailleurs que le vaccin est “plus dangereux” que la maladie et 13 % ne croient pas à la gravité du Covid-19. Les sondés pouvaient donner plusieurs réponses pour expliquer leur choix.

Pour rappel, comme prévu par la loi de gestion de la crise sanitaire du 5 août dernier, les personnels de santé ont jusqu’au 15 septembre pour se faire vacciner. En cas de non-respect de ce délai, ils pourront faire l’objet d’une suspension sans rémunération.

(1Enquête réalisée du 31 août au 1er septembre auprès d’un panel de 800 personnes représentatif des agents de la fonction publique âgés de 18 ans et plus. L’échantillon a été interrogé par Internet avec la méthode des quotas.

par Bastien Scordia

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