Intervention d’Interco au Comité National de Concertation d’octobre 2021

Bonjour à toutes et tous,

La rentrée pour les travailleurs de nos champs n’a pas été simple dans le contexte de baisse de la pandémie mais dans l’absence de négociation et de dialogue quant aux conditions de reprise d’activité et de mise en œuvre du pass sanitaire. Alors que l’obligation de négocier s’ouvre enfin dans l’ensemble de la fonction publique, qu’un accord télétravail est signé et oblige l’ouverture des négociations d’ici le 31 décembre prochain, les employeurs territoriaux sont plus que frileux et ne souhaitent ni dialoguer ni négocier.

Ces mêmes employeurs territoriaux qui, après un recours massif aux contractuels, se mettent maintenant à embaucher des intérimaires pour occuper des fonctions de service public ! La précarité grandit dans l’ensemble de la fonction publique territoriale.

L’augmentation « automatique » du SMIC, en raison de l’inflation, au 1er octobre 2021 en fixe le montant à 10,48 € de l’heure, soit 1589,47 € par mois pour 35h de travail par semaine. Nombre d’agents publics allaient percevoir un traitement inférieur à ce niveau. Le gouvernement a certes augmenté le minimum de traitement en le fixant à 1593,25 € bruts par mois, mais cela occasionne du coup un écrasement des grilles salariales et cela correspond quand même à une perte de pouvoir d’achat de plus de 10% du point de la fonction publique de juillet 2010 au 1er octobre 2021.

En conséquence :

  • Un fonctionnaire de catégorie C échelle C1 en début de carrière restera 11 ans au niveau du SMIC, la douzième année il obtiendra une augmentation de 2 points d’indice soit 9,37 euros en brut pour autant que le SMIC n’augmente pas à nouveau durant cette décennie !
  • Un fonctionnaire en échelle C2 ne devra attendre « que » 7 ans
  • Quant à l’agent de maîtrise il sera 6 ans dans la même situation
  • La catégorie B débute désormais à moins de 18€ brut au-dessus du SMIC … mais pour combien de temps ???

Pour rappel, dans la FPT la catégorie C représente toujours les 3/4 des effectifs même 82% pour ceux employés par les communes et établissements communaux, soit un peu plus d’1,4 millions d’agents territoriaux.

Il faut donc un véritable travail de revalorisation des salaires de ces travailleurs selon leur utilité sociale et une reconnaissance des métiers.

Nous avons exprimé ces éléments lundi 6 septembre auprès du cabinet de la ministre de la transformation et de la fonction publiques et lundi 11 octobre 2021 dans le cadre de la délégation confédérale reçue par Elisabeth Borne sur les travailleurs dits de la deuxième ligne. Ces travailleurs qui ont sauvegardé la vie. Quelques exemples non exhaustifs :

  • Les agent.es auxiliaires de vie, aide à domicile ont été au chevet des personnes vulnérables, véritable lien social indispensable lors de la pandémie. Or ces agents territoriaux sont exclus des revalorisations salariales du projet de loi de finance de la Sécurité Sociale ; qui ne concerne que les fonctionnaires hospitaliers et les salariés du privé.
  • Les salariés et agents de l’eau et de l’assainissement ont constitué un maillon clé de la lutte contre la pandémie, en assurant la production et la distribution d’eau potable, des services essentiels permettant aux usagers une hygiène qui a été le premier rempart contre la maladie. Ils ont aussi participé à la prévention en traquant le virus dans les eaux usées.
  • Les travailleurs des services funéraires assurent des missions de service public et sont en tension depuis le début de la crise sanitaire. La reconnaissance des risques professionnels et de leur exposition à la Covid n’a pas été entendue et ils n’ont pas été reconnus comme personnel prioritaire pour la garde de leurs enfants.

C’est avec toute cette actualité que notre fédération débute son mandat. Nous avons tenu notre congrès fédéral en juin dernier à Dijon. Un congrès qui a vu notre rapport d’activité et notre résolution fédérale adoptés majoritairement et qui a opéré un fort renouvellement militant pour nos instances. En effet notre conseil fédéral et notre commission exécutive ont été renouvelés aux deux tiers. C’est la première fois après notre congrès de Brest en 2017 que s’appliquait la règle du non-cumul de mandat dans le temps. C’est aussi la première fois que notre conseil fédéral intègre des militants issus de l’ensemble de nos 8 branches professionnelle, publiques et privées. Ce qui donne des débats et échanges particulièrement intéressants et constructifs, au sein d’une nouvelle équipe qui souhaite le renforcement des liens avec toutes les structures CFDT et qui découvre et apprend son fonctionnement confédéral et la démocratie interne avec ce Conseil national.

Le premier conseil fédéral, tenu en septembre, a permis de présenter la dynamique élection fédérale initiée avec l’UFFA et la confédération. Mais nous n’oublions pas qu’en ce moment, suite à la réorganisation territoriale de l’Etat, des élections se tiennent dans les nouvelles directions créées. Des élections qui se tiendront à nouveau en décembre 2022. Pour ces élections, malgré la difficulté, nous pouvons être fiers’ de présenter des listes avec des candidats cédétistes en nombre suffisant, grâce à un véritable travail interfédéral.

Avant de terminer, un mot sur le syndicat Interco 21 pour lequel la confédération vous met à disposition l’ensemble des documents de leur appel. Cette situation nous met dans une position difficile et commence à engendrer des réactions dans d’autres structures de notre organisation. Nous vous invitons à lire d’ici demain les documents mis à votre disposition car vous serez surpris de la demande des militants d’Interco 21 qui ne remettent pas en cause l’administration provisoire, leur appel est tout autre. Cette situation, peu habituelle dans notre vie démocratique interne, mérite une réelle attention. Gardons-nous d’engendrer de la souffrance au sein de nos équipes militantes.

Pour conclure, hier se sont ouverts les Etat généraux de la Justice, le risque était grand de faire de la Justice un enjeu de campagne plutôt qu’une ambition et ce gouvernement ne sera pas celui qui travaillera sur la Justice que nous voulons en France.

Merci pour votre attention.

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