Jamais vraiment réglée, la question salariale se pose de nouveau.
La Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) vient de publier une nouvelle étude consacrée aux violences subies par les agents publics dans le cadre de leur activité professionnelle.
Les résultats, issus de l’enquête « Vécu et ressenti en matière de sécurité » (VRS), confirment une réalité préoccupante : les agents de la fonction publique demeurent davantage exposés aux violences que les salariés du secteur privé.
Un agent public sur six victime d’une atteinte à la personne
En 2023, 16 % des agents publics ont déclaré avoir subi au moins une atteinte à la personne (injures, menaces, violences physiques ou sexuelles, harcèlement moral, discriminations), contre 15 % des salariés du secteur privé.
Les atteintes les plus fréquentes sont :
- les injures (7 % des agents) ;
- le harcèlement moral (4 %) ;
- les violences sexuelles ;
- les discriminations ;
- les menaces ;
- les violences physiques (2 %).
Si la situation est globalement stable dans la fonction publique par rapport à 2022, elle reste plus dégradée que dans le secteur privé.
Une violence largement liée à l’exercice des missions de service public
L’étude souligne que l’écart entre public et privé s’explique principalement par une exposition professionnelle plus importante.
Ainsi, 42 % des atteintes déclarées par les agents publics sont directement liées à leur activité professionnelle, contre seulement 32 % dans le secteur privé.
Les violences physiques, les menaces et les injures sont particulièrement liées au contexte professionnel :
- près d’une violence physique sur deux subie par un agent public a lieu dans le cadre du travail ;
- environ une menace ou une injure sur deux survient également sur le lieu de travail.
Ces chiffres illustrent la tension croissante à laquelle sont confrontés de nombreux agents au contact des usagers.
Les métiers en première ligne
Les personnels en contact avec le public sont les plus exposés.
Les policiers, militaires et pompiers apparaissent comme les professions les plus touchées, mais l’étude met également en évidence la forte exposition :
- des professions intermédiaires de la santé et du travail social ;
- des agents exerçant des missions administratives ou de sécurité ;
- de nombreux personnels assurant des missions d’accueil et de relation avec les usagers.
Dans la fonction publique, 92 % des atteintes professionnelles concernent des agents en contact avec le public.
Des publics plus vulnérables
L’étude montre également des disparités selon les profils :
- les agents âgés de 30 à 49 ans sont surreprésentés parmi les victimes ;
- les moins de 30 ans sont davantage concernés par les violences physiques et sexuelles ;
- les femmes sont particulièrement exposées aux violences sexuelles et au harcèlement moral ;
- les agents immigrés ou descendants d’immigrés sont davantage touchés par les discriminations, principalement liées à l’origine réelle ou supposée ou à la couleur de peau.
Des violences encore trop peu signalées
Malgré la gravité des situations rencontrées, la majorité des faits ne donnent lieu à aucune plainte.
Dans la fonction publique, seulement 10 % des atteintes subies dans le cadre professionnel font l’objet d’un dépôt de plainte, même si ce taux reste supérieur à celui observé dans le secteur privé (4 %).
Les violences physiques sont les plus souvent signalées : plus d’un tiers donnent lieu à une plainte. Les menaces font également plus fréquemment l’objet d’une démarche judiciaire.
Un sentiment d’insécurité préoccupant
Conséquence directe de cette exposition aux violences : le sentiment d’insécurité progresse.
En 2024 :
- 25 % des agents publics déclarent se sentir souvent ou de temps en temps en insécurité sur leur lieu de travail ;
- cette proportion n’est que de 16 % dans le secteur privé.
Le phénomène atteint des niveaux particulièrement élevés chez les policiers, militaires, pompiers et dans les métiers de la santé et du travail social.
Un décret publié au Journal officiel du 28 mai 2026 pérennise la possibilité, pour les agents publics, d’exercer à titre accessoire une activité lucrative de conduite de véhicules affectés aux transports scolaires ou assimilés. Cette mesure met fin au caractère expérimental du dispositif instauré fin 2022 pour répondre à la pénurie de conducteurs dans le secteur du transport scolaire.
Après plusieurs mois d’attente et de nombreuses interrogations, les 2 décrets (en pièces jointes) d’application du congé supplémentaire de naissance viennent enfin d’être publiés. Ils permettent l’entrée en vigueur effective de ce nouveau droit à compter du 1er juillet 2026 pour les agents publics comme pour les salariés du secteur privé.
La CFDT réaffirme une exigence prioritaire : rendre la protection fonctionnelle automatique, déclenchée dès que l’employeur a connaissance des faits, sans demande formelle de l’agent. Alors que la DGAFP présente une feuille de route en quatre axes pour améliorer le signalement, la prise en charge et la prévention des violences, la CFDT insiste sur la nécessité d’intégrer aussi les violences internes, d’analyser les causes organisationnelles et d’impliquer les collectifs de travail dans la prévention.